mercredi 7 novembre 2012
mardi 6 novembre 2012
Jacques Attali : Lauréat du prix Narcisse 2012 ?
Longtemps j’ai eu une admiration presque sans borne pour
Jacques Attali cet homme doué de capacités intellectuelles et d’une puissance
de travail telles qu’elles lui ont permis d’être (source : son autobiographie
sur attali.com) « Docteur
d’Etat en sciences économiques, diplômé de l’Ecole Polytechnique (major de la
promotion 1963), de l’Ecole des Mines, de l’Institut d’Etudes Politiques et de
l’Ecole Nationale de l’Administration. Il a enseigné l’économie théorique à
l’Ecole Polytechnique, à l’École des Ponts et Chaussées et à l’Université
Paris-Dauphine. Il est docteur honoris causa de plusieurs universités étrangères et membre de l’Académie
Universelle des Cultures. ».
Tout cela me fascinait quand j’étais encore étudiant et je
ne manquais jamais une de ses apparitions à la tv à l’occasion de la sortie d’un de ses
bouquins, ce qui arrivait fréquemment puisque comme il le rappelle sur son site
« Il est l’auteur de plus de
cinquante livres, traduits dans plus de vingt langues et diffusés à plus de six
millions d’exemplaires à travers le monde, comprenant des essais (sur des
sujets allant de l’économie mathématique à la musique), des biographies, des
romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de
théâtre. »
Et pourtant, et pourtant, toute cette intelligence ne l’empêche pas de se
comporter fréquemment comme un véritable con,
Suffisant, bouffi d’orgueil et d’autosatisfaction il figure
un des personnages les plus vaniteux que je connaisse. Il est encore à 69 ans en recherche éperdue de reconnaissance comme
si tous les honneurs dont il a été couvert et les rôles de premier plan qu’on
lui a confiés n’avaient pu combler le gouffre abyssal creusé par son ego hypertrophié.pour devenir
aujourd’hui un véritable trou noir.
Malheur à ceux qui osent le railler On se souvient qu’il avait quitté avant la
fin le plateau d’une émission populaire parce que les chroniqueurs (Zemmour et
Nauleau) avaient osé le railler et ne
pas se laisser emporter par une admiration inconditionnelle
Hier encore en moins de 140 caractères dans un tweet il
révélait une nouvelle fois sa suffisance :
Alors je me suis demandé, demandé pourquoi un homme aussi
intelligent et aussi cultivé, durant toutes ces années, n’avait su retenir
presqu’aucune des leçons que l’expérience de la vie nous offre pour nous conduire
vers la sortie avec plus de sagesse en nous apprenant au moins à relativiser notre propre
importance.
Comment se fait–il qu’il se comporte comme certains de ces
fruits qui ne deviennent jamais consommables ni bons au goût pour avoir été
cueillis trop tôt puis se mettent à pourrir sans avoir jamais mûri vraiment.
Je ne savais pas, jusqu’au
moment tout à l’heure où j’ai eu comme une intuition, que je livre ici, :
D’après-moi il a, tout simplement, souffert toute sa vie de son nom.
Lorsqu’on mesure qu’Attali n’est qu’à une interversion de
voyelle d’Attila le fameux « Roi des Huns », on se met à imaginer
aisément que sa vie a pu être une quête inconsciente de devenir lui-même « Un
des rois ».
N’ayant pu faire cela avec succès sa frustration actuelle
devient aujourd’hui tellement immense qu’il en est vraiment maintenant complètement insupportable.
Enfin, ce n’est qu’un hypothèse…
FV
PS: Les idées que j'exprime ici ne sont que le reflet que de ma propre opinion et n'engagent personne d'autre que moi. Par ailleurs je précise qu'elles ne sont en rien guidées par une queconque prise de position politique, je n'y connais rien et cela ne m'a jamais intéressé.
mercredi 9 mai 2012
Quand la gratuité devient perversité et le banquier vertueux
S’il est un sujet sur lequel
les banques n’ont pas été attaquées c’est le respect de la confidentialité. Sur
ce point les attaques dont elles ont été l’objet se situent en sens inverse, c’est
le secret bancaire qui a pu être assimilé à une complicité d’évasion fiscale,
etc.
On peut toujours vouloir voir
chaque chose de façon manichéenne mais, pour peu que l’on accepte d’avoir un
minimum d’honnêteté intellectuelle, il est souvent bon d’examiner le positif et
le négatif de chaque situation.
Et clairement ce qui apparaît
c’est que ce rôle de gardien du temple de la confidentialité, de protecteur de
l’intimité est trop peu mis en avant par le
monde bancaire alors qu’il constitue un
de ses atouts majeurs d'une valeur exceptionnelle car sur ce sujet le contraste
avec la plupart des autres acteurs du Net est assez édifiant.
Dans l’impressionnant article
« What they know » le Wall
Street Journal proposait une infographie interactive permettant de dévoiler le
tracking potentiel selon le site visité.
La seule banque y figurant
était « Bank of America », et elle était citée parmi les acteurs les
moins intrusifs. En regardant le détail de cette intrusion on pouvait par
ailleurs observer qu’il ne s’agissait que de cookies à usage interne permettant
d’améliorer la navigation ultérieure, mais toujours pour des utilisations
internes (dites « first parties ») et aucun usage externes
(« third parties »)
Les marketeux de tous poils
sont friands de données permettant de réaliser un « One to One »
chirurgical et personne ne douterait de la colossale valeur commerciale des
données connues des seuls banquiers de dépôt.
C’est ainsi que si les fils de pub peuvent
aujourd’hui acheter des liens, des fichiers, des traces de nos visites presque
partout sur le web, ils n’ont pas et n’auront sans doute jamais accès aux
informations bancaires. Les sites bancaires sont devenus les seuls lieux sur le web où le
secret et l’intimité individuelle soient aussi bien protégés.
Cette garantie de protection des données individuelles a également une valeur auto-protectrice considérable pour les banques.
A une époque où les banques
sont décriées, accusées de tous les maux et livrées au lynchage
politico-médiatique,
A l’heure où elles sont ballotées
financièrement contre le crépis des marchés qu’elles contrôlent moins que les
super calculateurs, qui tels HAL de 2001 Odyssée de l’espace, ont pris une
partie de leur pouvoir et l'ont retourné contre elles,
Au moment même où les Etats,
socles de chaque système bancaire national, ploient sous le poids de leur dette
publique (qu’ils leur on donné la charge de distribuer),
Les banques redoutent
commercialement de voir émerger un concurrent alternatif, agile, hyper-techno, tel par exemple Google, Facebook ou un
Opérateur télecom .
Parmi le grand public et les
médias certains pensent encore aujourd’hui qu’il pourrait même s’agir d’une
opportunité pour « échapper au diktat des banques», pour payer moins
chers les frais bancaires ou - plus naïvement encore- que cela pourrait faire
baisser le taux de leurs crédits.
Mais se sont-ils au moins demandé qui, mieux que les
banques, pourrait garantir le respect de
leur vie privée ?
Seraient-ils prêts à confier le secret de toutes leurs
dépenses, de leurs revenus et de leur épargne,crédits, assurances,.. à des
acteurs, certes moins chers, mais peu soucieux de leur intimité ?
Certes, ce souci de
protection de la vie privée sur internet varie beaucoup selon les individus
mais une chose est sûre : nous sommes tous exposés au tracking dès que
nous manions une tablette ou une souris sur le web, les moteurs de recherche et
les browsers ont non seulement la capacité de dévoiler nos préoccupations ou
nos recherches les plus intimes mais également la possibilité d’en vendre ou
les sous-louer à des fins commerciales.
Cela n’est pas du à une
pulsion voyeuriste ou délatrice de leur part mais tout simplement à
l’écosystème lui-même : lorsque la gratuité légale est non seulement
légitimée par les consommateurs mais qu’elle est érigée en modèle économique,
les conditions d’intrusion dans la vie privées sont remplies.
Se demander si un tel modèle
est acceptable durablement, s’il ne faudrait pas réglementer de façon plus
contraignante ces usages sont des questions naturelles …mais, et c’est plus plus
inquiétant, on peut aussi se demander si on peut véritablement éviter ces
dérives.
Le parfum opiacé de la gratuité aurait-il généré une
« attitude faust-moderne »
Faut-il rappeler que ce n’est
pas parce qu’un service est gratuit qu’il n’a pas de coûts pour autant ?
Face à des charges qui
demeurent donc, et une hyper concurrence du web qui tend à réduire
structurellement les marges des acteurs, le produit magique est devenu le financement
de ces charges par la pub sous toutes ses formes, de plus en plus
sophistiquées.
La valorisation de Facebook
n’est-elle pas principalement celle de son socialgraph qui trace aujourd’hui
10% des habitants de la planète?
Avec son parfum opiacé, la gratuité des services est donc devenue
structurellement une source insidieuse d’intrusion dans l’intimité. Si ce modèle
est plébiscité il n’en est pas moins pervers.
Lorsque le péage d’accès aux
services est levé, on sait qu’en contrepartie c’est le client qui deviendra le produit à
vendre, consciemment ou pas il devient victime consentante de son propre
espionnage.
Par cette attitude
« faust-moderne » l’internaute vend -souvent sans le savoir- son âme aux « trackers » diaboliques….
et il n’en connait pas le prix véritable, car comment évaluer le prix de ce que
l’on ne paie pas.
Et puis quel est le prix de
notre intimité ? Difficile à dire, en revanche on peut être certain que cela
a beaucoup de valeur, non seulement une valeur actuelle mais également une
valeur future.
On pourrait penser que l’alternative
gratuit avec pub ou payant sans pub telle qu’elle existe dans certains modèles
économiques - type Applestore, ou sur certains modèles de distribution (
shareware dévoyé) – pourrait règler le
problème : c’est une illusion d’optique.
En effet, ce que l’on paye pour
l’usage de l’application sans pub c’est le fait de ne pas être exposé
visuellement et visiblement à la pub mais cela ne prémunit absolument pas de l’exploitation
sous-terraine des données collectées. Dans ces conditions le prix ne reflète toujours
pas ce qu’il devrait être, à savoir un coût de revient plus une marge.
Lorsque l’écosystème admet l’exploitation
publicitaire, quelle qu’en soit la forme, des données collectées sur les
réseaux à l’insu des internautes il devient presque structurellement une menace
pour la vie privée.
Le système bancaire, si
décrié pour ses agissements réputés systématiquement suspects, ou contraires à toute
éthique ou la morale, devrait par une
sorte d’homothétie de la suspicion et donc de la culpabilité être en première
ligne.
Et bien non, au contraire,
dans le domaine du respect de
la vie privée, il fait partie des acteurs les plus vertueux et les plus sûrs du
net.
C’est déjà pas mal…
mardi 27 mars 2012
Le Financement Participatif en France, remake de la grande illusion?
Réflexions débridées d’un « vrai banquier coopératif » à la suite de la réunion au Palais Brongniart « Les acteurs de la finance participative interpellent les candidats à la Présidentielle » le 27 / 03 /2012
La plupart des témoins se sont succédés sur scène pour souligner à juste titre les nombreuses entraves réglementaires en France au développement de la FP (Finance Participative) et demander leur adaptation.
Malgré mon a priori favorable à l’émergence d’une véritable alternative je n’ai entendu que peu de raisonnements incontestables de bout en bout. Non pas que tout ce qui a été dit était faux, loin de là, mais la plupart des constats de dysfonctionnements dressés, bien souvent exacts , trouvent en fait leurs causes-sources ailleurs que ce qui était suggéré.
Je passe sur les clichés communs dénigrant les banques si ce n’est pour souligner qu’ ils furent bien moins nombreux que ce à quoi je m’attendais, ce que je vois comme un signe de maturité ou alors s’agirait-il d’une insensibilité croissante de ma part à ce sujet qui ferait qu’ils m’auraient échappés ?
Mais il reste toujours un fond de cuve de suspicion avec de vrais morceaux de complot dedans sur une éventuelle collusion du régulateur avec les banquiers dont il est serait le chien de garde défendant âprement l’accès à des financements juteux .
- C’est ainsi qu’ il est amusant de constater que la plupart des règlements qui entravent le déploiement de certaines pratiques (levées de fonds, contrôle d’identité, etc.) sont perçus comme n’étant qu’une barrière à l’entrée pour de nouveaux acteurs et protégeant ainsi un système bancaire à bout de souffle qui ne pourrait sinon rivaliser avec eux….alors que les principales motivations des régulateurs sont avant tout ailleurs :protéger les victimes potentielles pouvant être abusées par les établissements financiers traditionnels ou d’usuriers peu scrupuleux ou des escrocs. De plus c’est oublier qu’en France le consommateur est tout autant protégé « contre lui-même » que contre les opérateurs.
Ces startup se croiraient elles à jamais à l’abri de tout reproche de ce côté-là à moins qu’elles ne soient sûres- étant ontologiquement vertueuses- de ne jamais faire courir aucun risque au public … ou tout simplement ne se soucient-elles pas de ce sujet …?
2. En début de séance il a été également savoureux d’entendre une argumentation s’appuyant la disproportion entre les 40M€ levés par les business angels et les 32Mds € dépensés par les français chaque année dans les jeux de hasard…pour s’étonner de l’hyper protection de l’investisseur –capital risqueur - face à l’exposition totale au risque du joueur tolérée hypocritement par un Etat qui en est le principal bénéficiare.
Certes c’est vrai …mais est-ce pour autant un argument valable que de désavouer une protection (imparfaite) par la mise en lumière de dangers plus grands mais peut-être mieux assumés….Et puis n’est-ce pas oublier la vraie cause de cette dissymétrie? : L’espérance d’un gain très important est capable de faire rêver ou fantasmer au point d’accepter l’idée de la perte de la mise toute entière … A côté de cela l’espoir d’un rendement financier classique devient ridicule au regard des multiples potentiels de la roulette du casinos, du pmu ou autres gadgets gratables ou tirables de la FdJ.
3. Un grand sous-jacent du raisonnement de la FP est que les banquiers se feraient des niveaux de marge crédit tellement élevés (et donc implicitement et forcément indus) que des startups pourraient grâce à leur structure légère et leur éthique sans faille faire facilement beaucoup mieux.
Ce n’est hélas pas exact : sans en développer la démonstration, il suffit d’admettre que le taux des crédits et les frais de dossier doivent au moins payer le coût de la ressource (le prêteur), les risques (les créances irrécouvrables), les frais de gestion et de distribution pour dégager une marge ; Or les produits font depuis plus de 10 ans l’objet d’une concurrence telle (via les courtiers, les comparateurs de taux,etc.) aujourd’hui qu’il est presque toujours possible pour un dossier réputé sans risque de trouver une banque qui renoncera à la totalité de sa marge théorique avec l’espoir de gagner un client de plus et un PNB (hors crédit) compensateur de l’activité crédit. Comment dans ces conditions pourrait-on être rentablement un pure player crédit qui ne pourrait pas reconstituer une marge quasi nulle sur d’autres activités connexes tout en ne bénéficiant pas d’une large base d’absorption de ses coûts fixes?
4. Enfin l’argument qui paraît tuer est hélas tout aussi friable : il s’agit de l’examen des courbes de croissance de l’activité de certains acteurs de la FP à l’étranger (aux USA principalement), qui semblent rendre évident que « ça va arriver chez nous un jour ou l’autre». Cela constituerait aussi une autre preuve de l’impact négatif de la réglementation française sur la FP tout autant qu’une nouvelle illustration de la menace qui pèse sur le système bancaire traditionnel que le régulateur cherche à sauver …
Une fois de plus cette argument malgré sa séduction immédiate est un trompe l’œil : le marché français du crédit comme cela a été écrit plus haut est intrinsèquement beaucoup moins rentable que dans les pays anglo saxons, pourquoi sinon malgré l’ouverture des frontières financières de l’UE aucun acteur virtuel ou réel n’est-il encore parvenu à se tailler une part significative sur le marché français du crédit.
Certes la plupart des banquiers français ont tellement peu d’imagination qu’ils s’appuient principalement sur la bonne vieille évaluation de la capacité de remboursement de l’emprunteur. Certes c’est ringard mais voilà, c’est vertueux, comme par ailleurs les taux usuraires sont proscrits la prise de risque possible est limitée et il refusera donc de prêter à un taux pas assez élevé à des clientèles peu solvables ( sinon c’est le mécanisme des subprimes, on a vu le dégât que cela a causé outre atlantique). De même la valorisation croissante de la garantie hypothécaire (l’actif serait sensé s’apprécier a vitam aeternam et donc offrir une garantie supérieure au montant initialement emprunté) n’est pas un critère d’accord d’un banquier français classique.
Bref notre banquier français préfère simplement être remboursé par l’emprunteur plutôt que par la revente du bien emprunté, l’aléa de la pérennité du revenu sur la durée étant déjà suffisant pour titiller sa frilosité légendaire en générant des créances douteuses et litigieuses qui viendra entailler encore plus sa marge.
Enfin, les français ont en moyenne 2 ou 3 fois plus de produits dans leurs banques que les clients anglo saxons dans leur établissement, l’activité du crédit au Royaume-Uni par ex. doit donc être impérativement rentable en soi car elle est moins compensée par d’autres activités qui sont confiées à des concurrents.
Ainsi dans les conditions anglo-saxonnes, non seulement moins réglementés mais surtout plus rentables et où le public vit largement à crédit sur des lignes revolving de cartes , il est évident que la FP peut se frayer un chemin et se trouver une place de choix.
Mais que reste-t-il alors à la FP pour réussir dans un système bancaire français saturé, à marge dignes de produits d’appels et où le consommateur est hyper protégé (sachant que l’évolution de la réglementation ne paraît pas aller vers la dé-protection) ?
a) Tout ou presque paraît possible sur les activités sans but lucratif pour le prêteur (souvent dénommé l’investisseur) ou/et lorsque l’espérance d’utilité, de solidarité ,…à l’emprunteur apparaît comme une motivation supérieure à l’espérance du gain strictement financier.
Dans ces cas le crowd-founding a un potentiel de développement extraordinaire : il opère dans une catégorie qui n’est pas le terrain de jeu de l’activité de crédit habituelle des banquiers et un domaine où la lourdeur des groupes financiers cesse d’être un atout de stabilisation pour s’avérer être un handicap d’agilité.
Mais même dans ce domaine les acteurs de la FP dans le domaine de la solidarité doivent rester cohérents cela n’est pas sans risque pour eux que de vouloir demain valoriser l’expansion de leur activité : en effet on peut se demander si le gain des créateurs de ces sociétés ne sera pas a priori suspecté d’illégitimité s’il ne se situe pas– au moins pour une part significative – dans le même univers, solidaire et guidé par une vocation humaniste, que son « client ». Le public pourrait-il admettre une imposante plus value capitalistique causée par le succès d’une chaine de solidarité ? mais c’est un autre sujet
b)Les expériences décalant la problématique du remboursement du crédit et de l’intérêt (au sens étymologique) du prêteur sont très intéressantes également. La participation à un projet, pour en devenir co-producteur et s’en sentir co-réalisateur est une forme moderne de souscription qui permet de sortir de la problématique financière pour adresser d’autres motivations que de gagner de l’argent... Les possibilités apparaissent infinies.
Dans ces 2 cas c’est donc la formation d’une nouvelle espérance de gain faite d’une valeur nouvelle, non financière et bien plus personnelle voire intime qui offre une contrepartie valable, symbolique ou bien réelle à l’investissement.
Mais pour les activités de prêt traditionnel tout financement participatif serait-il voué à l’échec?
Non, bien au contraire, car tout d’abord le financement participatif existe depuis des siècles et depuis la fin du 19ème siècle il a été développé avec succès par les banques mutualistes.
Une étude du système coopératif développé par le Crédit Agricole révèlera ainsi de très nombreux points de similitudes avec le crowdfunding actuel : la seule différence majeure résidant dans la « dé territorialisation » permise par les réseaux virtuels aujourd’hui car si la solidarité et la responsabilité sont bien des piliers communs au mutualisme et au crowfunding , la notion de proximité se situe aujourd’hui moins dans l’espace que dans le système de valeurs.
Cependant pour les nouveaux entrants les contraintes de l’exercice légal de l’activité de banque sont très lourdes et supposent des charges de structures qui paraissent disproportionnées avec ce qu’ils peuvent raisonnablement bâtir.
C’est pourquoi ce sont les activités s’apparentant au courtage la place qui semblent réserver l’avenir le plus prometteur à leurs concepteurs…mais plus en partenariat avec des banquiers traditionnels qu’en concurrence frontale avec eux:
Grâce à l’acuité de leurs regards différents portés sur une société contemporaine dont le pouls bat au même rythme qu’eux les acteurs de la FP ont sans doute la capacité de détecter et voir ce que les mammouths de la finance écartent peut-être trop systématiquement ou rapidement de leur territoire, qu’il s’agisse de micro financements (arrivent-ils même à les voir) .ou d’activités si peu connues d’eux qu’ils ne parviennent pas à en sentir l’intérêt.
Par ailleurs, la très large adhésion qu’ils ont la possibilité de créer et de fédérer via des réseaux sociaux généralistes ou spécialisés leur permettent potentiellement d’apporter des contacts nouveaux voire des clientèles nouvelles aux acteurs traditionnels -ou à d’autres intervenants - et ainsi procurer une profitabilité connexe et additionnelle qui permettrait des contrepartie réelles pouvant se traduire en possibilité de prises de risques financiers supérieurs (qu’il s’agisse de l’acceptation des projets ou des conditions pratiquées) sur les projets des emprunteurs.
Enfin l’application des règles de conformité, la lourdeur des applicatifs et de leur maintenance ainsi que le poids des traitements administratif obligés sont dans le quotidien du métier bancaire et il est donc plus intéressant pour une startup du FP de s’associer à un établissement existant qui détient ce savoir-faire que de tenter de recréer par elle-même toutes les conditions nécessaires à l’exercice de la banque.
Bien sûr il ne s’agit ici de ne dissuader personne de tenter sa chance mais le véritable défi me paraît davantage résider dans l’intégration vertueuse - ni absorption ni ingestion - d’une génération spontanée , dans un écosystème financier aux réflexes naturellement prédateurs.
L’équité des modèles économiques et la cohérence des différents systèmes de valeurs pour tous les acteurs, anciens et modernes, seront sans doute les facteurs déterminants de leur succès futur.
Le partenariat de Friendsclear, startup pionnière en France du financement participatif, avec le Crédit Agricole Mutuel Pyrénées Gascogne s’inscrit dans cette vision de complémentarité. En s’adossant aux valeurs coopératives éprouvées d’une banque leader sur son territoire qui entend être utile à son développement et à ses habitants, la jeune pousse paraît bien armée pour aborder des horizons nouveaux où tout ou presque reste encore à découvrir.
samedi 23 juillet 2011
Facebook un géant peu aimable?
Je viens de voir 2 tweets qui présentaient des stats sur la côte d'amour des marques, dans les 2 cas le résultat de Facebook m'a étonné:
1) Au rang des sites qui ont reçu des" Like" FB n'est que 7 ème il en a 26 fois moins que Twitter qui a 3 fois moins d'utilisateurs !
2) Au top 100 des marques préférées (Overall Brand Ranking) FB n'est que 61ème tandis que Apple est 1er et Google 2ème...
Il faut donc peut-être y voir le signe d'une forte distorsion entre l'usage de FB et son image, ses utilisateurs lui reconnaissant une forte valeur d'usage mais ne lui étant finalement qu'assez peu attachés.
FB ne peut effectivement se prévaloir de certains des éléments déterminants du rapport affectif avec une marque, (le fruit du passé d'un vécu commun,'un système de valeur dans lequel le consommateur peut se reconnaître ou voudrait s'identifier, d'un attrait esthétique, une confiance particulière, ou tout autre facteur différenciant autre que "tout le monde y est ", etc.)
Si c'est le cas, les critères de base d'une "fidélité" à la marque ne sont pas atteints et FB n'est qu'un géant aux pieds d'argile, un service parmi d'autres sans identité ni âme.
Dans ces conditions, si la mobilité vers d'autres plateformes était suffisamment confortable et fluide (en conservant les liens), la grande partie des FB users pourrait massivement et rapidement migrer vers une ou plusieurs autres plateformes.
L'enjeu pour FB ne serait-il donc pas aujourd'hui de parvenir à installer rapidement une relation forte (et pas par la contrainte) avec ses utilisateurs.. ou alors de réussir très vite une conversion en cash de sa base colossale avant que la décroissance du nombre de membres ne survienne et n'alimente des rumeurs de déclin..?
1) Au rang des sites qui ont reçu des" Like" FB n'est que 7 ème il en a 26 fois moins que Twitter qui a 3 fois moins d'utilisateurs !
- YouTube, 5,269,221 Likes
- Twitter, 1,969,479 Likes
- Google, 1,918,529 Likes
- Yahoo, 460,625 Likes
- MSN, 93,090 Likes
- LinkedIn, 75,726 Likes
- Facebook, 75,267 Likes
- Blogger, 28,739 Likes
- Wikipedia, 11,590 Likes
- Baidu, 5,155 Likes
2) Au top 100 des marques préférées (Overall Brand Ranking) FB n'est que 61ème tandis que Apple est 1er et Google 2ème...
Il faut donc peut-être y voir le signe d'une forte distorsion entre l'usage de FB et son image, ses utilisateurs lui reconnaissant une forte valeur d'usage mais ne lui étant finalement qu'assez peu attachés.
FB ne peut effectivement se prévaloir de certains des éléments déterminants du rapport affectif avec une marque, (le fruit du passé d'un vécu commun,'un système de valeur dans lequel le consommateur peut se reconnaître ou voudrait s'identifier, d'un attrait esthétique, une confiance particulière, ou tout autre facteur différenciant autre que "tout le monde y est ", etc.)
Si c'est le cas, les critères de base d'une "fidélité" à la marque ne sont pas atteints et FB n'est qu'un géant aux pieds d'argile, un service parmi d'autres sans identité ni âme.
Dans ces conditions, si la mobilité vers d'autres plateformes était suffisamment confortable et fluide (en conservant les liens), la grande partie des FB users pourrait massivement et rapidement migrer vers une ou plusieurs autres plateformes.
L'enjeu pour FB ne serait-il donc pas aujourd'hui de parvenir à installer rapidement une relation forte (et pas par la contrainte) avec ses utilisateurs.. ou alors de réussir très vite une conversion en cash de sa base colossale avant que la décroissance du nombre de membres ne survienne et n'alimente des rumeurs de déclin..?
mardi 19 juillet 2011
Privacy characters
Je n’aime pas et je n’ai jamais aimé l’idée d’être indexé par mon identité sur le web (ou ailleurs) et ainsi d’être inventoriable malgré moi. Les raisons de cette méfiance sont sans doute à chercher dans le champ psychanalytique mais qu’importe, ce sentiment d’intrusion potentielle et permanente dans ma vie privée me dérange. Certes on peut me demander « qu’est ce que tu as à cacher après tout ?», mais est-ce parce qu’on a rien à cacher qu’on a besoin de tout montrer ? On a beau aimer communiquer et échanger sur le web on peut tout simplement ne pas aimer l’idée d’être archivé puis retrouvé par une simple requête via un moteur de recherche.
Je m’en suis donc longtemps tenu à 2 attitudes sur le web jusqu’à présent soit la publication sous différents pseudos, pour brouiller les pistes, soit l’absence de publication. La première solution a rapidement tendance à conduire à une forme de schizophrénie numérique assez pénible (mais parfois nécessaire) et la seconde solution réduit dramatiquement les possibilités d’échanges.Si on veut vraiment intervenir anonymement rien de mieux que le pseudo avec des infos d’identification réelles erronées mais parfois il serait bien pratique de pouvoir être identifié par un lecteur humain tout en échappant aux algorithmes d’indexation utilisés par les moteurs de recherche.
Ma dernière idée sur le sujet consiste à utiliser une forme de cryptage non visuel par l’usage d’homoglyphes présents dans les tables Unicode.
Exemple :
le mot Privacy est formé de lettres appartenant à la 1ère table d’Unicode (latin de base » d’Unicode e sur Google : About 6,520,000,000 results (0.30 seconds) ]
Alors que le mot Ṕrivacy dont le Ṕ provient de la table « Latin étendu additionnel » donne sur Google : « your search - Ṕrivacy - did not match any documents. »
Tandis que le Ῥrivacy dont le Ῥ provient de la table Grec étendu et donne :« About 73 results (0.11 seconds)» ces résultats n’ayant rien à voir avec les premiers.
Bref vous avez compris l’idée générale…
Et ainsi il existe des dizaines de lettres d’apparence identiques ou très semblables (homoglyphes) qui reposent sur des codes en fait différents.
Il serait assez facile de réaliser un petit programme qui générerait une « traduction invisible » d’un texte donné avec un choix aléatoire de de caractères choisis dans des tables d’équivalences homoglyphes … ce qui permettrait de compliquer un peu (et provisoirement parce que ce serait facilement contournable pour les moteurs mais la marginalité d’une problématique peut être une protection) le travail des algorithmes d’indexation mais aussi de personnaliser un peu nos textes avec des équivalences homoglyphes qui n’appartiennent qu’à nous comme avec une écriture manuscrite.
Paradoxalement ce jeu de codes (ie une combinaison personnelle des tables Unicode) en devenant une « signature glyphologique » deviendrait elle-même un vecteur d’identification.
Je ne sais pas si des programmes de ce type existent déjà pour transcoder visuellement en Unicode si vous en connaissez je suis preneur.
dimanche 17 juillet 2011
Penser l’évolution des Médias sociaux : Mission Impossible ?
"Y a- t-il de la place pour 2 réseaux sociaux planétaires?", cette question revient un peu partout depuis la sortie de Google Plus.
A l’échelle historique l’explosion des média sociaux est un phénomène ultra récent et nous ne bénéficions que d’un très faible recul, nous avons donc sans doute la même incapacité à penser l’avenir que celle des inventeurs des machines à vapeur pour prévoir les évolutions de l’automobile. Ce seront des innovations successives qui feront les medias sociaux de demain.
Mais au-delà de ce que nous ne pouvons imaginer j’ai choisi 3 axes, parmi d’autres, qui me paraissent à relativement court terme structurants pour guider les prochaines évolutions.
L’enjeu politique sur la route de la maturité des réseaux
La croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs de FB/Twitter/GooglePlus a donné lieu à une illusion liée à leur taille car ce développement est principalement en termes d’effectif et n’est pas synonyme de maturité. Comme un gamin qui ferait 1m80 en CM2 ne pourrait être considéré comme adulte, ces réseaux qui ont grandi très vite et croissent de plus en plus vite arrivent avant même leur sortie de l’enfance à la taille de géants.
Prises de vitesse, les structures encadrantes (les Etats) ont été débordées et courent en permanence après les évolutions et leur compréhension avec une difficulté de manier efficacement leur panoplie d’outils traditionnels qui s’avèrent inadaptés à un environnement nouveau. Nul doute que, comme les parents d’un enfant en bas âge ils sauront adapter leur comportement, certes avec toujours un temps de retard, à chaque nouvelle étape franchie par le turbulent rejeton.
Mais est-ce à redouter ou à espérer de nos vœux ?
En effet, la situation actuelle n’est pas sans risque, les dangers potentiels de la concentration d’un pouvoir colossal entre les mains de quelques individus sont bien réels :
- Les dirigeants des réseaux sociaux sont non élus malgré cela ils gouvernent les supports de nos conversations
- Autrement dit, ils n’ont pas été choisis par nous mais eux choisissent pour nous, (en triant les résultats selon ce que nous sommes censés aimer lorsque nous cherchons sur un moteur de recherche par exemple)
- Ils ne sont pas a priori compétents pour exercer ce pouvoir (Il suffit de se référer à certaines déclarations de M Zuckerberg pour s’en inquiéter ou simplement en rire)
N’étant pas encadrés par des structures de contrôle ni sous le regard critique d’un contrepouvoir indispensable (une réelle opposition), le risque anti démocratique existe bel et bien. Même s’il n’est pas question d’attaquer a priori la probité ou les valeurs éthiques de ces dirigeants, l’existence même d’une hyper structure hyper technologique difficilement maîtrisable dans sa totalité peuvent légitimer ces craintes.Il est par exemple évident qu’une élection d’un pays démocratique pourrait être très sérieusement biaisée d’ores et déjà par le camp d’un candidat ayant à sa disposition le graphe social de FB, les conversations, privées et publiques et les outils d’analyse et les utilisant pour pousser sa propagande (indirectement bien sûr) à travers certaines infos objectives d’apparence neutre mais bien ciblées.
Cette raison permet de penser que les pouvoirs politiques des Etats (majorité et opposition) vont mettre la main (de façon visible ou pas) sur ce pouvoir non encore structuré.
Cette reprise en main par les Etats se fera d’autant plus facilement que les Etats sont tout à fait légitimes pour se réapproprier dans un premier temps certains thèmes qui leur appartiennent de droit, et en tout premier lieu tout ce qui touche au thème de l'identité numérique, du contrôle de la sécurité intérieure, etc. Quant aux USA le Patriot Act ( prolongé en Mai 2011 par le Congrés jusqu’en 2015) donne aux autorités américaines suffisamment de droits pour les autoriser à mettre les doigts dans le pot de confiture jusqu'aux boutons de manchette.
La taille critique est-elle nécessairement planétaire ?
Pour plusieurs raisons il est sans doute abusif de penser l’avenir des réseaux sociaux en termes de réseau planétaire, pour un seul et même outil.
Aujourd’hui l’offre de qualité (au plan fonctionnel) est relativement réduite et nous avons peu de choix, quelques « majors » dominent…pour l’instant .
Nul doute que des digital natives vont apparaître sur ce marché proposant à chaque fois des spécificités qui pourront les faire choisir. Malgré leur faible taille les architectures ouvertes pourront rendre quasiment transparentes les relation inter-réseaux, l'agrégation de réseaux sociaux pouvant également apparaître et pourquoi pas des « réseaux sociaux de fait » dont nous serions tous virtuellement membres .
L’ouverture des architectures est donc une menace pour les gros acteurs actuels en gardant captifs leurs utilisateurs ils cantonnent la base de leurs consommateurs futurs... une raison de plus pour les utilisateurs de revendiquer un droit à la mobilité de leurs données.
Par ailleurs, on peut penser que les contacts transnationaux sont pour l’immense majorité des utilisateurs relativement faibles.
Nous avons presque tous tendance à sur-pondérer le potentiel de ce qui nous fascine et nous l'extrapolons souvent en négligeant l'importance des usages réels.
Certes grâce aux réseaux sociaux il est possible d'être en relation avec n’importe qui, n’importe où sur la planète ou dans une station orbitale…il n’empêche que la grande majorité des relations sont très localisées, à l’échelle d’une classe d’école, d’une ville, d’un campus, d’une région, d’une entreprise puis d’un pays, mais rarement à l'échelle planétaire.
Même si les réseaux sociaux d’entreprise ouvrent progressivement leurs portes aux clients situés hors du périmètre de proximité géographique,
même si les autres proximités peuvent se développer à l’échelle planétaire,
au-delà du périmètre de sédentarité de l’utilisateur sa sphère relationnelle perd en "densité affective". L’expérience des contacts IRL qui dévirtualisent les relations (apéros,…) va dans le même sens.
On peut donc imaginer que l’enjeu des leadership "régionaux" est bien réel, reste à savoir quelle sera l'échelle de ces régions pays ? régions du monde ? le découpage ne sera pas obligatoirement géographique et sans doute lié entre autres facteurs à l'usage du principale protocole de communication : l’idiome (toute la planète n’étant pas anglophone).
Une fois de plus le facteur politique pourra jouer face aux menaces potentielles des transfert de données hors des frontières et aux ingérences de fait sur la politique intérieure.
La montée probable en puissance des réglementations nationales sur les usages pourra contribuer à une segmentations nationale des réseaux
Enfin, il n'est pas impossible que les réseaux eux-mêmes se segmentent (selon le niveau social ou culturel par exemple) car il est difficile d'imaginer que l'ouverture à tous les publics d’un même réseau ne conduise à un "effet ppcm" sur les fonctionnalités qui ne peuvent combler tous les utilisateurs pour tous les types d’usage.
Ainsi , intuitivement, le profil des utilisateurs français de Twitter et des Skyblogueurs doit être sans doute assez différent.
Des modèles économiques déjà ultra rentables…et où tout reste à faire !
Les modèles économiques qui gravitent autour de la pub sont finalement assez semblables entre FB et G+. Côté savoir-faire « traditionnel »Google est incontestablement N°1 sur le sujet mais le graphe social de FB procure la plus grande base de connaissance relationnelle du monde (données interpersonnelles, sur les goûts/désirs/affinités de millions d'individus). L’enjeu pour FB parait se situer à l’intersection de ces milliards d’informations et des contraintes éthiques liées à leur utilisation.
On peut penser que la transformation économique du graphe social en revenus représente un des principaux enjeux de G+, si Google disposait de la base de FB il pourrait en multiplier fortement ses revenus…
Facebook est potentiellement beaucoup plus profitable que Google.
Car aux revenus de la pub s’ajoutent les redevances qui peuvent être générés par les entreprises qui exploitent ces plateformes. Les chiffres de Zynga sont à cet effet impressionnants et illustrent bien le potentiel d’une base faite de centaines de millions de consommateurs en ligne.
C’est là que se situe l’immense supériorité économique du réseau social sur les autres activités du web puisqu’elle est directement corrélée avec 2 critères ;la surface de contact avec le consommateur ( à savoir le temps qu’il passe dessus et la quantité/ granularité/rareté des infos détenues sur les utilisateurs .
Ainsi, les relations de dépendance entre les entreprises (virtuelles ou pas) et les réseaux sociaux paraissent tout à fait comparables à celles qu’entretiennent les industriels avec la grande distribution…en pire. Une entreprise dont le chiffre d’affaires serait essentiellement réalisé sur un réseau social est comparable à une marque qui ne serait vendue que dans un seul supermarché qu’elle ne contrôle pas!
On peut donc penser que l’évolution du modèle économique des réseaux sociaux suivra ce chemin: passé le recrutement de dizaines de millions d’utilisateurs, l’intégration progressive sous le contrôle du réseau de nouvelles sources de revenus et leur exploitation, via des marques propriétaires développées par des acteurs extérieurs, etc.
Ainsi pourrait-on voir se créer par exemple
un HyperUltraGigaMarché par un géant d’un réseau social qui offrirait le plus grand lieu de vente du monde,
un site d’enchères (Facebook a plus de « clients » qu’Ebay (qui a racheté un réseau social (Meetup) en 2006)],
des plateformes de jeu, de paris en ligne, des églises…
les possibilités et les capacités d’investissement de ces sites sont telles qu’ils n’ont que l’embarras du choix.
On voit ainsi que ce modèle est bien plus puissant et bien moins dangereux que celui évident de la revente des données ou de ciblages à des tiers commerciaux avec tous les risques de défiance des utilisateurs qu'elle comporte car la confiance de leurs utilisateurs est sans doute le principal talon d'Achille des réseaux sociaux.
A quel moment les réseaux sortiront-ils du bois avec le risque de générer un tsunami sur tout l’écosystème du web ?
Là doit être une de leurs principales interrogations mais gageons que l’antitrust et les autorités de tous poils doivent déjà les y attendre.
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